Après l’arrestation de Karim Tabbou, la pression s’accroît sur les figures de l’opposition en Algérie

L’étau sécuritaire et judiciaire se resserre autour des figures de la contestation en Algérie, à quelques jours de la convocation probable du corps électoral par le président par intérim, Abdelkader Bensalah, en vue de l’organisation d’une présidentielle avant la fin de l’année.

Il ne se sera pas passé vingt-quatre heures avant que le pouvoir algérien ne passe, cette fois, de la parole aux actes. « Hordes », « logique de bande », « parties hostiles » : mercredi 11 septembre, le chef d’état-major de l’armée et dirigeant de facto du pays, Ahmed Gaïd Salah, a une nouvelle fois vivement attaqué les opposants à la sortie de crise qu’il préconise – une élection dans les plus brefs délais – alors que les manifestations demandant le départ du régime reprennent de la vigueur depuis la rentrée

Après de nombreuses heures sans nouvelles, jeudi 12 septembre, les proches et avocats de Karim Tabbou, porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS), ont appris sa présentation devant le procureur de Koléa, à l’est d’Alger. Poursuivi pour « entreprise de démoralisation de l’armée » puis placé en détention provisoire, il risque jusqu’à dix ans de prison.

Karim Tabbou avait été interpellé la veille, à son domicile d’Alger, par deux hommes en civil. Sa disparition a très vite suscité une vague de condamnations du côté de l’opposition, à l’image du président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition laïque), Mohcine Belabbas, qui dénonçait, jeudi matin, « des pratiques de mercenaires ».

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