Ebola en RD Congo : désavoué par le président Tshisekedi, le ministre de la Santé démission

Alors que 1 700 personnes ont été victimes de l’épidémie d’Ebola en un an dans l’est de la République démocratique du Congo, le ministre de la Santé, le Dr Oly Ilunga, a démissionné lundi de ses fonctions.
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Il s’estime désavoué. Le ministre de la Santé congolais, le Dr Oly Ilunga, a annoncé lundi 22 juillet qu’il démissionnait de ses fonctions après la décision du président, Félix Tshisekedi, de reprendre le contrôle de la gestion de la crise liée à l’épidémie d’Ebola et d’introduire un nouveau vaccin en République démocratique du Congo.

« De fortes pressions se sont exercées depuis plusieurs mois pour la mise en œuvre d’une nouvelle expérimentation en RD Congo », a écrit le ministre de la Santé dans sa lettre de démission. « Le seul vaccin à être utilisé dans cette épidémie est le vaccin rVSV-ZEBOV fabriqué par le groupe pharmaceutique Merck », a rappelé lundi le bulletin quotidien du ministère de la Santé, en indiquant que 169 976 personnes ont été vaccinées.

« Il serait illusoire de croire que le nouveau vaccin (à deux doses administrées à 56 jours d’intervalle), proposé par des acteurs qui ont fait preuve d’un manque d’éthique manifeste en cachant volontairement des informations importantes aux autorités sanitaires, puisse avoir une incidence déterminante sur le contrôle de l’épidémie en cours », a ajouté le ministre.

Le risque de « créer des confusions »

Cette décision fait également suite à la nommination d’une équipe d’experts, dont le directeur de l’Institut congolais de la recherche biomédicale pour assurer la « conduite » de la riposte anti-épidémie d’Ebola en RD Congo sous sa « supervision ». « Tirant ainsi les conséquences de votre décision de placer la conduite de la riposte à l’épidémie à virus Ebola sous votre supervision directe et anticipant la cacophonie préjudiciable à la riposte qui découlera inévitablement de cette décision, je viens par la présente vous présenter ma démission de mes fonctions de ministre de la Santé », a également écrit Oly Ilunga

« Comme dans toute guerre, car c’est bien de cela dont il s’agit dans cette lutte, il ne peut y avoir plusieurs centres de décision au risque de créer des confusions (…) L’unicité dans la gestion d’une telle riposte répond ainsi au triple impératif de l’efficacité, de la cohérence des décisions prises et de la redevabilité », a expliqué le Dr Ilunga.

« La crise d’Ebola en cours n’est pas une crise humanitaire. C’est une crise de santé publique qui intervient dans un environnement caractérisé par des problèmes de sécurité », a-t-il encore expliqué, dénonçant « des pressions de toutes parts qui tendent à en faire une crise humanitaire dont les logiques d’intervention consacrent la mise en place d’un système parallèle qui ne renforce jamais le système de santé existant ».

Déclarée le 1er août dernier, la dixième épidémie de fièvre hémorragique a fait 1 737 morts, principalement dans la région de Beni et Butembo, dans l’est du pays, selon le dernier bulletin du ministère de la Santé dimanche. L’OMS a décidé le 18 juillet d’élever l’épidémie en cours au rang d' »urgence de santé publique de portée internationale ».

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