L’opposant algérien Karim Tabbou placé en détention provisoire

Il a été de toutes les manifestations. Mais jeudi 12 septembre, l’opposant Karim Tabbou, figure du mouvement de contestation qui agite l’Algérie depuis près de sept mois, a été placé en détention provisoire pour ‘ »atteinte au moral de l’armée » par le juge d’instruction du tribunal de Koléa, près d’Alger, a-t-on appris auprès de l’un de ses avocats.

Karim Tabbou, 46 ans, a été arrêté mercredi, à Alger, devant son domicile, par « deux hommes en civil qui se sont présentés comme agents des services de sécurité », selon son parti l’Union démocratique et sociale (UDS). Il a été inculpé d' »atteinte au moral de l’armée » a déclaré à l’AFP Mostefa Bouchachi

Il a été le premier secrétaire, entre 2007 et 2011, du Front des forces socialistes (FFS), le plus ancien parti d’opposition d’Algérie, avant de fonder en novembre 2012 l’UDS, non autorisé dans le pays.

Son arrestation a suscité une vague d’indignation en Algérie, notamment sur les réseaux sociaux. Le FFS a dénoncé un « acte irresponsable et arbitraire » et exigé sa « libération immédiate ».

Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a qualifié cette arrestation de « kidnapping, semblable à celui du commandant Lakhdar Bouregaa », un célèbre vétéran de la guerre d’indépendance contre la France, incarcéré depuis le 30 juin pour « outrage à corps constitués et atteinte au moral de l’armée ».

Selon ses proches, cet opposant de 86 ans qui est également une figure de proue du mouvement de contestation, avait été interpellé en raison de « ses déclarations contre le général Ahmed Gaïd Salah », le chef d’état-major de l’armée, devenu de facto l’homme fort du pays depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika.

Le général Gaïd Salah est critiqué par les opposants pour son rejet des revendications de la contestation. Celle-ci réclame le départ de tous les anciens fidèles d’Abdelaziz Bouteflika encore au pouvoir et refuse qu’ils organisent l’élection présidentielle.

Le général Ahmed Gaïd Salah, lui, refuse toute autre solution de sortie de crise qu’un scrutin présidentiel.

Mercredi, il a dit être « absolument certain » que l’élection présidentielle aura lieu dans les « délais déterminés », bien que la date de ce scrutin n’ait pas encore été fixée. Elle doit être annoncée dimanche, selon le général.

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