Sahara, Coopération, Union africaine… Nasser Bourita rétablit les faits

En marge du sommet de l’Union africaine tenu les 5 et 6 février 2022 dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita a accordé une interview à la télé panafricaine Africa24, dans laquelle il est revenu sur la politique africaine du Maroc, la coopération, la relance économique, la pandémie et l’usine de vaccin lancée récemment par le SM Roi Mohammed VI et qui sera aussi au profit de continent.

 Dans sa réponse par rapport à la crise avec l’Algérie, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita tempère et appelle Alger à la raison. « La démarche de SM le Roi a été de ne pas s’inscrire dans une logique d’escalade avec l’Algérie. Le Maroc n’a pas pris de position contre l’Algérie, c’est l’Algérie qui a pris des positions contre… », clarifie le ministre.

Préférant ne pas répondre aux multiples provocations faites de communiqués à charge contre le Royaume, le Maroc préfère « ne pas la (l’Algérie) suivre dans cette logique d’escalade ». Le reste le temps va s’en charger. Bourita précise que « le Maroc n’insulte jamais l’avenir et considère aussi que tout excès est insignifiant et beaucoup de choses ont été faites dans l’excès, mais l’approche de sa Majesté a toujours été de ne pas réagir. » Et malgré les attaques, « le Maroc n’a pas sorti un seul communiqué au début de cette crise parce qu’il souhaite construire l’avenir et ne pas travailler pour déstructurer ce qui lie les deux peuples frères. »

Coopération africaine, le leadership marocain confirmé

Lorsque le Maroc est retourné à l’Union africaine en 2017, SM le Roi Mohammed VI avait rappelé que le Maroc, une fois installé au sein de l’Union, participera à relever les véritables défis du continent. « L’Afrique c’est son continent d’appartenance. », avait déclaré le Roi. Les relations entre le Maroc et beaucoup de pays africains sont enracinées. Sur ce, le Roi Mohammed VI a voulu construire cet héritage de la relation pour donner un contenu encore plus stratégique durable au partenariat entre le Maroc et les pays africains frères, rappelle le ministre des Affaires étrangers.

C’est dans cette dynamique que le Roi a fait plus d’une cinquantaine de visites dans le continent africain avec qui le Maroc a signé plus de 1000 accords bilatéraux. Mieux, le Royaume a partagé son expérience et son expertise avec les pays africains dans cette logique de coopération sud-sud souhaitée par Sa Majesté.

Aujourd’hui, le développement de la sécurité alimentaire est un défi pour le continent et le Roi a toujours considéré que c’est une « thématique fondamentale pour notre Union ». Ainsi, l’Afrique a tous les ingrédients pour garantir sa propre sécurité alimentaire et « le Maroc sur instruction du Roi est disposé à partager son expérience dans ce domaine », persiste M. Bourita. Dans cette dynamique de coopération sud-sud, le Maroc à travers des programmes a contribué à garantir la sécurité alimentaire et renforcer la productivité de l’agriculture dans plusieurs pays.

Quant à la Zelcaf (La zone de libre-échange continentale africaine), le ministre estime qu’il doit être le moteur pour le « made in Africa », pas pour importer de l’extérieur et inonder le marché africain. Cependant, la Zlecaf nécessite une mise à niveau des infrastructures, des lois, des textes entre les pays africains.

Autre point abordé dans cette interview, la pandémie du Coronavirus, le ministre des Affaires étrangères rappelle que dès le début de la pandémie « SM le Roi Mohammed VI a contacté un certain nombre de chefs d’Etat. L’idée était de développer une réponse africaine à cette pandémie. » La stratégie était de trois étapes : D’abord, le volet protection, c’est-à-dire tout ce qui est lié à la protection. Et sur Instruction de sa Majesté, le Maroc était le seul pays africain à donner des produits de protection à 25 pays africains y compris à la Commission de l’Union africaine.

Deuxième niveau, c’est la vaccination, sur ce point, le Maroc juge anormal que l’Afrique ait été oubliée dans le processus de vaccination et ça doit interpeller les africains. « Il y a deux semaines SM a lancé les travaux d’une usine de vaccin au Maroc, l’idée était non seulement de servir le Maroc d’avoir des vaccins, mais aussi amener les vaccins à la portée des populations africaines, c’est ça la logique. », déclare M. Bourita.

Le troisième niveau, c’est la relance économique et là aussi, selon le ministre des Affaires étrangères, « les pays africains doivent parler d’une seule voix pour développer des stratégies communes pour pouvoir relever ce défi, sinon comme on a été les oubliés de la vaccination, on le sera encore pour la relance économique. »

« Le Sahara est marocain par l’histoire, par le droit et par la volonté de sa population… »

« Sur la question sur Sahara, Sa Majesté, lors du discours du 2 novembre dernier, a tracé le cadre de ce dossier. », déclare Nasser Bourita qui ajoute que « le Sahara est marocain par l’histoire, par le droit et par la volonté de sa population. Le Sahara est marocain aussi par la reconnaissance internationale à travers des accords à travers des consulats, dont 25 ouverts aujourd’hui dans les villes de Laâyoune et Dakhla. »

Pour accentuer la reconnaissance du Sahara, des accords ont été signés, qui inclut le Sahara avec des pays du golfe, des pays européens, des pays africains qui ont confirmé leur connaissance de la marocanité du Sahara.

Aujourd’hui, « le Maroc est inscrit dans un processus onusien pour parvenir à une solution dans le cadre de l’autonomie sous souveraineté marocaine comme seul cadre de résolution de ce différend régional.  Malheureusement, le problème aujourd’hui est bloqué au niveau onusien, parce qu’une partie principale, un pays voisin, continue de bloquer ce processus, a rejeté les résolutions du conseil de sécurité et souhaite bloquer les efforts de l’envoyé onusien. »

Les pays africains étaient unanimes à souligner que la question du Sahara ne doit pas être instrumentalisée comme l’a été par le passé pour diviser les pays africains au sein de cette organisation. La question du Sahara est traitée au niveau des Nations Unies avec la résolution 693 de Nouakchott qui est la référence pour l’action de l’Union africaine.

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