Satram : entre les décisions de justice et l’émission Surface, le Dr Aziz explicite


Avec une ordonnance de refus de sursis de la Cour de cassation mettant, le 19 août, un terme au long feuilleton judiciaire sur la succession de Lahcen Jakhoukh, et quatre jours plus tôt, une autre ordonnance de référé révoquant son dernier Syndic judiciaire, Satram a aussi été le sujet de l’émission «Surface» sur Gabon Télévisions. PDG du groupe marocain, le Dr Mustapha Aziz, met les points sur les i et les barres aux t, dans cet entretien avec Gabonreview.

Gabonreview : Satram a fait l’actualité́ ces derniers jours sur la télévision gabonaise, mais surtout dans le domaine juridique où la Cour de cassation de Port-Gentil a rendu une décision, de même que la Cour d’appel judiciaire de la même ville a rendu une ordonnance de référé concernant votre syndic. Qu’en est-il concrètement ?

Dr Mustapha Aziz : La Cour de cassation a dit le droit. Elle a demandé l’application de la décision de redressement de la société Satram. Dans les faits, elle a débouté le premier syndic et le second qui était à EGCA imposé par la cour d’appel de Port-Gentil. La Cour de cassation considère que leur présence à Satram était incompatible avec ce qu’ils y ont fait, notamment des comportements paralysant l’avancée de la procédure de redressement judiciaire des deux sociétés.

Plus clairement le tribunal de première instance de Port-Gentil a validé le jugement et nommé un autre syndic à la place de Roger Valère Moussadji. Celui- ci avait fait appel, devant la Cour d’appel de Port-Gentil, à la décision de sa révocation. Et, le 14 août dernier, la Cour d’appel l’a débouté en disant que sa requête était irrecevable. Donc sur ce plan, la société Satram et EGCA ont repris une vie normale sous la direction de monsieur Saïd Znaki, à qui nous avons renouvelé notre confiance absolue et qui, en plus, monte en grade parce qu’il est devenu membre du Conseil d’administration du groupe Satrammarine qui supervise toute l’Afrique et le Maroc.

Donc sur ce point nous pouvons vous dire que cela met fin à l’agitation d’un quart des délégués du personnel qu’on a totalement licenciés pour des fautes graves, et qui ne représentent même pas 10% des ouvriers et des cadres de la société Satram. C’est donc une page tournée. Mais, malgré cet état de fait, ils continuent leur grève parce qu’ils sont manipulés par des personnes extérieures du groupe. Ceux qui manigancent contre le groupe sont bien connus de notre société. En résumé, les héritiers qui n’ont plus aucun droit de regard sur notre société, vu que tout a été exequaturé et, dernièrement, la Cour de cassation, dans une décision finale du 19 août, a fermé toutes les portes à toutes les spéculations, à tous malentendus, à tous les équivoques. Maintenant la succession est claire ici au Gabon, au Maroc et même en France. Il faut rappeler que la France avait déjà rendu cinq ou six décisions en notre faveur mais les consorts continuent toujours à s’agiter en manoeuvrant dans tous les sens, en racontant aux gens n’importe quoi alors que la France a déjà pris des décisions en notre faveur en attendant l’audience qui sera tenue dans trois ou quatre mois. On peut mettre ces jugements devant tout le monde parce que, eux, ils les cachent à tout le monde.

Sur le plan Satram-EGCA je crois que la machine est en marche et les gens sont payés. Sur 29 mois de redressement, les travailleurs ont touché 25 mois. Ce qui est une première au Gabon et en Afrique, et même en Europe si vous voulez. C’est un miracle. Ces résultats sont dus au travail formidable de la direction générale dirigée par monsieur Znaki et son équipe de Gabonais à la pointe des affaires. Donc 25 mois ont été payés sur 29 mois de redressement. Les quatre mois restants sont la conséquence des 2 milliards de francs CFA que l’ancien ministre avait détournés en faveur je ne sais de qui. C’est très simple : si on n’a pas été dépourvus de ces 2 milliards, les gens auraient été payés 29 mois sur 29. Et je tire un chapeau à toute cette équipe et surtout à la direction gabonaise dirigée par monsieur Znaki.

À la télévision, votre entreprise a été l’objet d’une émission d’assez bonne écoute au Gabon dénommée «Surface». Il semble, selon l’émission, que des délégués du personnel se sont plaints, accusant la direction générale de Satram de licenciement abusif de 5 d’entre eux. Qu’en est-il et pour quel motif ont-ils été licenciés ?

Ces délégués ont été licenciés pour fautes graves violant toutes les procedures en vigueur. Ils sont téléguidés par des individus malsains qui veulent absolument la liquidation de la société. À la tête de ces gens on a les Corses du Casino. C’est très simple : il est bien connu qu’il y a une alliance familiale entre les Corses du Gabon et le fils Jakhoukh. Ce dernier avait déjà purgé trois ans de prison au Maroc pour détournement et abus sociaux et il a été mis en prison par son propre père. D’ailleurs il a été jugé indigne au Gabon, lui et sa maman. Ça c’est d’un côté. De l’autre côté, les cinq délégués en question ont été utilisés pour torpiller tous les efforts faits par la direction générale. Nous en avons toutes les preuves et je crois que le gars de l’émission de télévision Surface en question refait surface sans mesurer sa surface.

Nous avons appris que l’animateur de l’émission a demandé à des gens – qui nous ont contactés – de venir témoigner. Lorsque ces témoins ont indiqué qu’ils allaient témoigner du respect qu’ils ont de la direction générale, il leur a clairement dit : ce n’est pas ce que nous voulons entendre, nous voulons entendre autre chose. Ces délégués ont été vraiment manipulés.

C’est une cinquième colonne à l’intérieur de la société. Ils ne veulent pas travailler et ne laissent pas les gens travailler. Sur plus de 900 personnes travaillant actuellement dans la société, il y a une centaine qui fait beaucoup de bruit pour rien du tout et pour empêcher la société de se redresser correctement. Et d’ailleurs il y en a d’autres qui vont partir, surtout un ancien magistrat véreux qui travaillait chez nous. C’est notamment lui qui dirigeait tous les stratagèmes attaquant la société en sous-marin, il n’a plus sa place parmi nous et nous avons pris la décision d’assainir la société.

Pourtant, selon les mêmes délégués du personnel, leur procédure de licenciement n’a pas été respectée. Ils soutiennent que la direction du travail l’atteste…

Non, non ! La direction du travail n’atteste rien du tout. C’est complètement faux. Parce que la direction du travail a été informée et sait très bien pourquoi ils sont licenciés. Et, comme d’habitude dans ce dossier-là, les gens racontent 1/4 de la réalité et en occultent les 3/4.

Et j’ai vérifié moi-même, avec toutes les équipes. La procédure a été respectée de A jusqu’à Z et nous avons informé madame la ministre actuelle de la Justice et le ministre du Travail.On peut vous donner toutes les preuves de ce que la procédure a été respectée. Pour une fois qu’il y a une magistrate à la tête du ministère de la Justice, on a vraiment affaire à quelqu’un qui connaît le droit. C’est à elle de voir comment les choses sont respectées. Elle écoute toutes les parties dans ce dossier et elle sait très bien qui a raison et qui a tort. Nous avons toujours respecté le droit de travail. Et nous avons toujours respecté l’État de droit. Nous ne pleurnichons pas pour dire : voilà on a perdu ou on a gagné. Nous on travaille et c’est un miracle que cette société tienne encore toujours debout avec toutes les manigances, les complots et les manœuvres dilatoires. Comme par hazard ce sont les mêmes manipulateurs et manipulés qui refont surface ”Surface” dont vous parliez, cette émission a fait surface à partir du Casino des Corses, je peux vous l’assurer. C’est pour cela que j’ai décidé de porter plainte. Et on va apporter la preuve de ce que tout ce que les délégués racontent est faux, que le gars de Surface qui les a mis en surface, raconte n’importe quoi. Parce qu’il a orienté les discussions. Donc il n’était ni neutre ni professionnel. Et ça c’est une faute grave ! Moi-même j’ai dirigé de grands groupes de presse et lorsque j’ai vu ça, j’avais la nausée. Parce que c’est nauséabond ce qu’il a raconté sur tous les aspects. Et là je peux vous dire : que ça soit sur le côté Satram, sur le côté succession, il a raconté n’importe quoi. Sur la succession ce qu’il a raconté ne représente même pas 0,001% de la vérité. C’est- à-dire que c’est de la publicité mensongère, c’est la publicité rédactionnelle.

Donc il a parlé en abusant de l’encrier du Casino Corse de Libreville. Voilà c’est tout ce que je peux vous dire.

Mais, Dr Aziz, vous-êtes un homme de droit qui défendez les principes de justice et de démocratie, est-ce qu’il ne conviendrait pas tout simplement de demander un droit de réponse à l’émission Surface et d’envoyer par exemple monsieur Saïd Znaki rétablir les choses ?

On va demander à la Haute autorité de la communication, de prendre les mesures qui s’imposent. Parce qu’on va lui remettre tout le dossier et c’est à elle de voir s’il y a ne fut-ce que 0,001% de vérité dans ce que le présentateur de l’émission a dit. Parce que depuis le début, il parle de parrain. Je crois que c’est lui qui a les relations avec les vrais parrains. Nous on n’est parenté à personne. D’ailleurs on a mis les Corses depuis longtemps en garde, mais leur alliance à Tarik Jakhoukh révèle tout. Je crois que l’émission porte bien son nom. Ils font surface sur des surfaces, mais c’est des surfaces commerciales, ce n’est pas éthique, vraiment pas éthique.C’est la surface vendue d’avance.

Ils ont parlé de moi comme quelqu’un ayant obtenu un testament à la dernière minute. Pourtant, je suis membre du conseil d’administration quatre ans ou cinq ans avant le décès de monsieur Jakhoukh. Et c’est moi qui devait prendre la direction de Satram depuis le départ. Ils ont encore omis tout. Monsieur Lahcen Jakhoukh a organisé tellement de conférences de presse pour dénoncer, et sa famille, et ses enfants. Il a mis l’un d’entre eux en prison. Il refait surface, avec l’émission Surface, chez les Corses parce qu’il est apparenté avec eux.

Donc pour rétablir la vérité que vous suggérez, l’émission ayant duré près d’une heure comme droit de réponse , il nous faudra une heure pour établir la réalité, mais on ne rétablit pas le droit. Moi, je crois à la liberté de la presse, je crois à la démocratie et je crois à la justice, que ce soit au Gabon, au Maroc ou ailleurs. L’émission a menti, en parlant du Gabon, oubliant que la Cour de cassation au Maroc a déjà clos ce dossier-là. Elle a donné les droits au Dr Aziz. En France, on a cinq jugements contre ces gens-là. Au Gabon, ils ont fait la même chose parce qu’ils ont agi dans le droit chemin de la souveraineté. Alors qu’est-ce qu’on attend maintenant ? il y a toutes les Cours de cassations, les plus hautes instances juridiques, qui ont pris la décision de dire le droit.

Ce n’est pas dans la Surface qu’on va faire surface avec le droit. Il a raconté n’importe quoi, vraiment n’importe quoi. C’est la honte, et pour la télévision, et pour le secteur public, et pour les contribuables qui payent ces gars-là pour raconter des bêtises. C’est de la diffamation, c’est vraiment de l’insulte pure et simple. Un de nos amis avocat qui a suivi l’émission n’a pas manqué de demander : «ce gars a-t-il quelque chose à voir avec la profession de journaliste ? Peut-être que c’est un propagandiste». Comment, en effet, il n’est pas venu demander notre point de vue ? Il a dit que la France n’a jamais tranché sur l’expertise. Or, c’est nous qui avons demandé l’expertise à la France et l’expertise est faite mais rejetée par les consorts et confirmé par le tribunal.

Pour finir, y a-t-il quelque chose que vous auriez voulu exprimer mais que nous n’avons abordé ?

Je dirai que le Groupe se prépare, sous ma direction, à injecter un apport important pour aider l’économie Gabonaise à soulever le défi et à renforcer les relations entre le Gabon et le Maroc sous la direction du Roi Mohamed VI et le Président Ali Bongo.

Donc la caravane passe et les chiens aboient…

Nous sommes ouverts à tout dialogue dans la dignité et le respect du droit. On peut pardonner beaucoup de choses mais jamais le chantage et les coups bas. Donc j’appelle à un dialogue fructueux et sans conditions.

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